Libre
expression
Discours de France Gamerre lors des son
intervention au Sénat
dans le cadre du 4ème Forum Mondial du Développement
Durable.
Après bien des années de
tergiversations et de polémiques, la lutte contre le
réchauffement climatique devient enfin une préoccupation
mondiale.
C'est probablement le 1er
cas d'une prise de conscience collective de l'humanité,
dans le domaine de l'environnement. La planète du fait de
son cycle de vie plus lent que celui des humains et de la
complexité de ses réactions physico-chimiques, n'a pas
répondu immédiatement aux sollicitations, ni aux
agressions, liées au mode de vie moderne.
L'homme et ses dirigeants en
ont donc conclu, que ces excès et ses agressions n'avaient
aucun impact sur l'équilibre de notre planète, et qu'en
conséquence on pouvait sans restriction continuer ces
agressions, et ce d'autant plus, qu'elles sont fortement
rentables pour notre économie, et aussi parfois, pour
notre bien-être immédiat.
Ceci étant dit, comment
répondre au triple problème qui se pose à nous en tant que
responsable politique, en tant qu'élu, car nous devons
intégrer dans la mise en œuvre de notre politique 3
dimensions :
- le passé : réparer si possible, arrêter les agressions
de l'aire industrielle notamment les émissions de gaz à
effet de serre.
- le présent : nos concitoyens veulent une vie de
qualité.
- le futur : nous devons prévoir ce que sera demain l'état
de notre planète, de nos ressources, le devenir de notre
société pour des personnes qui ne sont pas encore nées.
Là aussi, c'est certainement
la première fois que cette prise en compte de ces 3
dimensions temporelles se produit dans l'histoire de
l'humanité. La mise en œuvre des politiques était, jusqu'à
présent, limitée au mieux à une génération et c'était
surtout des politiques spatiales (aménagement du
territoire).
Aujourd'hui il faut sortir de
la théorie, hiérarchiser les enjeux, décloisonner,
concerter, agir sur l'existence et anticiper l'avenir.
Dans mon mandat d'élu local
(adjointe au maire chargée des affaires maritimes) c'est à
la fois l'économie maritime pure et dure qu'il faut gérer,
y compris la pêche, mais aussi toute la dimension
touristique, sportive, balnéaire ainsi que toutes les
traditions d'une culture maritime où parfois les relations
sont très tendues.
Un bon exemple c'est celui de
l'évolution et de l'épuisement de la ressource
halieutique. Les pêcheurs sont dans des situations
économiques difficiles qui en font parfois des chômeurs.
Pour lutter contre les conséquences de cette modification
et de cet épuisement des ressources, nous avons mis en
œuvre un programme d'immersion de récifs artificiels, le
plus important en France 35000 m3 sur 200 hectares. Si les
immersions vont débuter en 2007, il a fallu vaincre bien
des réticences :
- voir arriver une femme aux affaires maritimes, cela ne
s'était jamais produit (depuis Colbert)
- vaincre les a priori sur l'expertise
- répondre aux intérêts spécifiques des différents acteurs
(pêcheurs, plaisanciers, plongeurs, Port Autonome), les
convaincre qu'à terme tous étaient gagnants
- pour cela, mettre en œuvre une autre gouvernance, celle
de la concertation.
Rien ne pourra aboutir en la
matière sans la mise en œuvre d'une démocratie locale qui
permet de renforcer la confiance, et la mise en place d'un
véritable pacte social indispensable face aux grandes
réformes que nous devons mettre en œuvre pour lutter
contre le réchauffement climatique.
Afin de répondre à cette
urgence vitale pour la survie de l'espèce humaine, il faut
aussi faire appel à une philosophie de la liberté assumée
(et non débridée), à une philosophie de la responsabilité.
Aux hommes et aux femmes
politiques de répondre à ce défi.
France
Gamerre
Un
"Congrès de l'Epinay" pour l'écologie.
France
Gamerre s'exprime en faveur d'un
Congrès
de l'Epinay" pour l'écologie. Seule
une démarche unitaire de tous les écologistes
pourrait redonner sa place à l'écologie
politique dans notre pays.
Chère
Dominique
Pour
garder le ton de votre lettre ouverte à Nicolas
Hulot, dans le quotidien " Libération "
du 21 novembre, permettez-moi de vous appeler " chère
" considérant que les écologistes devraient
nous être plus " chers
" que ceux qui s’y opposent.
Si je suis d’accord avec vous pour dire que notre ami
Nicolas Hulot a emprunté beaucoup dans son dernier
livre (comme dans les précédents) aux mouvements
écologistes historiques, dont les Verts en sont
un au même titre que Génération Ecologie,
que j’ai l’honneur de présider depuis la retraite
politique de Brice Lalonde.
Je pense que l’Ecologie (avec ou sans Nicolas Hulot) est
entrée dans une nouvelle phase de son évolution.
Cela c’est grâce à notre héritage
commun que Nicolas Hulot a su mieux que nous mettre en
images.
Ceci ne nous autorise pas à parler de " captation
d’héritage " car nous ne sommes pas propriétaires
des principes de l’écologie, même s’ils sont
une partie de notre oeuvre. Ni les uns ni les autres n’avons
fait breveter nos principes pour pouvoir aujourd’hui revendiquer
des royalties électorales sur cet héritage.
C’est pourquoi je trouverais plus approprié de
votre part de parler de la création d’un pôle
commun des écologistes associant tous les Mouvements
et toutes les personnalités se revendiquant de
cette mouvance dans une sorte " d’Epinay de l’Ecologie
" (en référence au Congrès socialiste
qui a permis à François Mitterrand de ressembler
la famille socialiste) que de vouloir partager avec le
seul Nicolas Hulot, l’héritage de l’écologie
politique que nous ont légué René
Dumont, Haroun Tazieff, Antoine Weachter ou Brice Lalonde.
Dois-je
vous rappeler, chère Dominique, que ce regroupement
aurait pu se faire dès 1993, si " l’entente
écologique ", entre les Verts et Génération
Ecologie (les deux principaux partis écologiques
de l’époque)
mise en place pour les législatives de 1993, avait
pu se poursuivre lors des élections ultérieures
et notamment lors des européennes de 1994 ?
Dois-je aussi vous rappeler que l’histoire vous attribue
l’échec de cette alliance (qui avait pourtant recueilli
plus de 11% de suffrage) car votre ambition de l’époque
était d’avoir des députés et des
ministres Verts plutôt que de rassembler les diverses
formations écologiques ?
La suite vous la connaissez aussi bien que moi ainsi que
la plupart des observateurs. D’abord vous avez fait une
belle carrière ministérielle chez les socialistes
et grâce à eux les Verts sont devenus le
premier
parti écologique de France avec plus de 1400 élus.
Certes c’est là, me direz-vous, une conséquence
du scrutin majoritaire qui prévaut dans notre anachronique
pays et vous n’avez fait que profiter du sens politique
de Lionel Jospin qui, comme Mitterrand, a utilisé
les Verts pour se forger une aile écologique et
un contrepoids à la pression communiste.
Je dois dire que sur ce plan là vous aviez raison
car l’expérience montre que vous ne vous êtes
pas trompée de camp car celui de la droite, n’a
eu de cesse d’éliminer les partis écologistes,
soit en les chassant du terrain politique soit en les
digérant en "entrée" lors de ses
banquets électoraux.
Ensuite
votre torpillage de l’entente des écologistes a
entraîné une guerre de 13 ans entre écologistes.
Laquelle est loin d’être arrivée à
son terme. Entre nous, quelle belle occasion de gâchée
car, aujourd’hui, le score global des écologistes
serait certainement supérieur aux 10 à 14%
qu’ils recueillent (toutes tendances confondues).
Aussi permettez moi de vous dire, chère Dominique,
que la tentative actuelle qui transparaît dans votre
lettre et qui consiste à vouloir vous associer
(avec 2% dans les sondages) à Nicolas Hulot (10%
dans les sondages) ressemble à la confection d’un
" pâté d’alouettes " à partir
d’un cheval et d’une alouette. Cette intention me paraît
dérisoire par rapport aux objectifs de l’écologie.
On comprend bien votre angoisse de terminer la présidentielle
avec un score ridicule si Nicolas Hulot se présentait
aux élections en même temps que vous et votre
volonté de recueillir son propre héritage
électoral s’il ne s’y présentait pas, mais
avouez que tout ça est très personnel et
à courte vue.
L’enjeu
écologique majeur aujourd’hui, c’est d’établir
une politique de " développement durable "
que vous n’avez su mener à bien avec un PS relativement
bienveillant à votre égard, faute d’avoir
le soutien de
tous les écologistes. Il n’y a donc pas de raison
que vous réussissiez à imposer cette politique
si à nouveau, les socialistes revenant au pouvoir,
faisaient appel à vous pour le " riquiqui
" ministère de l’écologie.
Seule une démarche unitaire des écologistes,
allant à l’encontre de votre démarche habituelle
qui est d’écarter systématiquement les autres
formations écologistes (sauf celle de votre amie
Corinne Lepage) du champ de l’écologie politique,
pourrait redonner sa place à l’écologie
politique dans notre pays .
Enfin,
j’ai relevé dans votre lettre, quelques erreurs
d’analyse probablement induites par votre fréquentation
intensive des sphères socialistes dont celle qui
consiste à confondre le libéralisme et
l’industrialisation. Car les dégâts écologiques
passés sont dus à l’industrialisation qui
a pu se développer grâce à la domestication
et à l’utilisation massive des énergies
fossiles (charbon, pétrole et uranium) et non au
libéralisme lui-même. Dois-je vous rappeler
que les principales catastrophes écologiques du
20eme siècle se sont situées en Europe de
l’Est, en ex-URRS et notamment en Sibérie qui ne
subissaient pas des régimes que l’on pouvait qualifier
de libéraux au sens politique et économique
du terme ? Je vous concède que le régime
socialiste des anciennes Républiques Soviétiques
a cessé de faire des dégâts puisqu’il
n’existe plus dans les textes de leur constitution.
Je vous concède donc que le principal pollueur
actuel est le régime libéral auquel vous
et moi, cherchons à substituer un régime
" écologénique " basé sur
une politique de " développent durable ".
Enfin,
je terminerai cette missive en vous demandant, puisque
les médias sont à votre service, d’en profiter
pour rallier les français à une idée
qui devra s’imposer dans les années à venir:
celle d’un nouveau clivage politique non plus entre la
droite et la gauche (qui est un héritage des luttes
sociales du 20ème siècle) mais entre écologistes
et anti-écologistes.
A
chacun et chacune de choisir son camp.
Par
France Gamerre, Présidente de Génération
Ecologie, Candidate à la Présidence de la
République
LIBERATION.FR : lundi 27 novembre 2006
Les
principaux défis écologiques
La
question énergétique
Avec
l’essor des pays en voie de développement (Inde
et Chine notamment), le monde va devoir faire face à
une surconsommation énergétique sans précédent.
La France, de son côté, a cherché
à obtenir son indépendance vis-à-vis
de l’énergie depuis les années 70 et les
chocs pétroliers. Mais cette indépendance,
qui a été obtenue grâce à l’énergie
nucléaire, est difficile à gérer.
Les risques liés à la radioactivité
des déchets nucléaires font peur et la gestion
qui en a été faite jusqu’à maintenant
laisse vraiment à désirer. Il est temps
aujourd’hui d’envisager d’autres solutions, notamment
au travers des nouvelles technologies (éolien,
solaire, etc.) et des économies d’énergies.
->
Les énergies fossiles
Il
est indispensable de sortir rapidement de l’utilisation
outrancière des énergies fossiles (pétrole,
gaz, charbon…). Concernant plus particulièrement
le pétrole, on sait très bien aujourd’hui
que les grands industriels de l’automobile ont des projets
de voitures électriques dans leurs cartons. Alors
pourquoi ne les mettent-ils pas sur le marché ?
L’utilisation
des ressources fossiles devrait être exclusivement
réservée à des usages ciblés,
pour lesquels on ne possède pas encore d’alternative
technique. C’est le cas notamment pour le transport aérien,
où il n’existe pas de solution concrète
à l’heure actuelle. Dans le même temps, les
transports tels que le train doivent être privilégiés
par rapport à l’avion, notamment par l’instauration
de taxes « écologiques ». Bref, limitons
au maximum les dépenses inutiles de nos ressources
: nous avons les solutions, alors appliquons-les. Pour
cela, cassons le pouvoir des lobbies et engageons une
révolution énergétique.
->
L’énergie nucléaire
78
% de l’énergie électrique française
est issue du nucléaire, ce qui positionne notre
pays comme un leader mondial de cette technologie. Néanmoins,
notre parc nucléaire est vieillissant et la difficile
gestion des déchets nucléaires ne nous invite
pas à continuer dans cette voie, mais plutôt
à accompagner progressivement la fin des centrales
telles que nous les connaissons aujourd’hui. Cet accompagnement
ne pourra se faire que dans la durée, car personne
n’est prêt à s’éclairer dès
demain à la bougie (ni à la lampe à
pétrole…).
La
méfiance vis-à-vis du nucléaire en
France relève notamment de la désinformation
lors du passage du nuage de Tchernobyl sur notre territoire.
Depuis lors, tout ce qui touche au nucléaire est
malsain, et il est impossible d’en blâmer les citoyens.
Cependant,
la perspective du projet de recherche ITER entre dans
un cadre différent. La recherche d’une nouvelle
énergie ne doit pas être mise sous silence,
sous prétexte qu’elle coûte cher. Certes,
les moyens mis en œuvre sont conséquents, mais
il est heureux de voir pour une fois des scientifiques
du monde entier travailler main dans la main et dans le
même sens. Génération Ecologie entend
encourager la recherche. Les plus grands projets ont tous
permis d’améliorer notre quotidien. Certes, cela
va engendrer des déchets, mais seuls 5 % seront
à moyenne activité et auront une durée
de vie supérieure à 30 ans : on est loin
des déchets actuels émis par nos centrales.
Or, peu de gens savent que plus de 15 milliards de sacs
plastiques (qui mettent environ 400 ans pour disparaître)
sont produits chaque année pour notre pays.
La
fin du pétrole risque d’engendrer un regain d’intérêt
pour le nucléaire civil. Il est donc nécessaire
d’être vigilant et d’encourager les solutions alternatives.
->
Les énergies renouvelables
ITER
reste un projet scientifique et son application industrielle
ne se fera, en cas de réussite, pas avant 50 ans.
Il faut donc favoriser un mix d’énergie, basé
sur les richesses que peuvent nous apporter les éléments
: soleil, vent, eau. Mais dans le domaine des énergies
renouvelables comme dans beaucoup d’autres domaines écologiques,
la France est à la traîne. Alors qu’elle
dispose de conditions favorables (ensoleillement, carte
des vents, etc…), les projets voient le jour dans la douleur.
Par exemple, on ne compte pas encore 1 000 MW d’éoliennes
installées alors que la France dispose du deuxième
potentiel technique européen avec 85 TWh/an (soit
l’équivalent de la consommation de plus de 20 millions
de foyers). Le problème est d’ordre culturel :
par exemple, on veut bien des éoliennes, mais pas
chez soi. Or, les mêmes personnes qui sont contre
les éoliennes (pour des considérations esthétiques
notamment), s’insurgent contre la pollution atmosphérique
! Les considérations de chapelle doivent aujourd’hui
être combattues : un parc éolien est tout
de même moins gênant qu’une centrale nucléaire
!
Génération
Ecologie propose d’imposer une part d’énergie renouvelable
dans chaque construction individuelle, afin de développer
l’économie de ces secteurs (qui ont trop longtemps
été ignorés) et d’engendrer des emplois.
Ces derniers pourront d’ailleurs se développer
en milieu rural, car l’installation de capteurs solaires
ou d’éoliennes demande un peu d’espace. Cette proposition
permettra donc de redynamiser des espaces ruraux parfois
défavorisés.
Les
progrès techniques nous apportent chaque jour de
nouvelles solutions pour améliorer écologiquement
notre consommation énergétique. Il est donc
nécessaire d’encourager les développement
de nouvelles techniques, tout en continuant nos efforts
dans la réduction du gaspillage énergétique.
->
Les économies d’énergie
L’énergie
non consommée grâce à une utilisation
intelligente des ressources ne signifie pas que nous devons
revenir à l’âge de pierre. Génération
Ecologie propose que tous les bâtiments publics
à construire le soient suivant la démarche
HQE (Haute Qualité Environnementale) ; le surcoût
à la construction étant amorti par les économies
d’énergie réalisées. On ne peut continuer
de demander aux citoyens de faire des efforts sans que
les institutions s’investissent. C’est à ces dernières
de montrer l’exemple. De plus, l’instauration d’une telle
mesure dopera le secteur du bâtiment.
En
matière de transport, les constructeurs se mettent
enfin à créer des voitures hybrides mais
ce sont les préoccupations des consommateurs qui
les ont contraint à s’améliorer. Malheureusement
ou heureusement, il faut bien souvent attendre des contraintes
financières telle que la hausse du prix du baril
de pétrole pour voir les efforts d’économie
d’énergie s’amplifier. C’est ce que l’on appelle
un mal pour un bien.
La
gestion des déchets
En
France, la gestion des déchets est un problème
critique. En effet, les décharges telles que nous
les connaissions encore il y a 10 ans n’ont plus lieu
d’être. Aujourd’hui, seuls les déchets ultimes
peuvent être accueillis dans ce que l’on appelle
désormais les centres d’enfouissement technique
(CET). Ces derniers, tout comme les incinérateurs,
font l’objet de vives polémiques concernant leur
impact sur l’environnement. Parmi ces deux solutions,
aucune n’est réellement la bonne. Entre le risque
de polluer les eaux et les nappes phréatiques et
celui de polluer l’air de substances nocives, le choix
est cornélien.
Le
problème, comme toujours, est à considérer
à la source. Bien que les industriels paient une
taxe pour chaque emballage mis sur le marché, le
volume des poubelles des ménages ne cesse d’augmenter.
Il est donc indispensable de procéder rapidement
à une mesure plus contraignante qu’une simple participation
financière, car même avec cela, ce sont toujours
les contribuables qui doivent payer, au bout de la chaîne,
pour l’élimination des déchets. Obliger
les industriels à réduire au maximum leurs
emballages leur permettrait aussi de réaliser des
économies !
La
solution la plus écologiquement acceptable est
donc un tri sélectif efficace, c’est-à-dire
accompagné d’une campagne de sensibilisation d’envergure.
Avec la raréfaction des produits pétroliers
et de divers métaux, les déchets vont bientôt
constituer de véritables mines d’or. Là
encore, le facteur économique permettra vraisemblablement
d’améliorer les choses…
Le
réchauffement climatique
Toutes
les prévisions scientifiques, des plus optimistes
aux plus pessimistes, prévoient un réchauffement
climatique sans précédent. En effet, on
sait que l’histoire de la Terre est jalonnée par
des périodes glaciaires et par des périodes
de réchauffement. Cependant, l’inquiétude
concerne l’échelle de temps. D’ici la fin du 21ème
siècle, les climatologues prévoient une
élévation de la température de 1,5
à 6°C. Les sceptiques diront que l’incertitude
est grande, mais un réchauffement de 1,5 °C
est d’ores et déjà jugé comme catastrophique
par les spécialistes.
La
belle machine climatique de la planète connaît
un enrayement sans précédent, car causé
par l’espèce humaine. Les sceptiques vis-à-vis
de ce réchauffement sont de moins en moins nombreux
et seront très bientôt marginalisés.
Paradoxalement,
ce réchauffement sera peut-être bénéfique
car il pourra permettre une plus grande prise de conscience
de notre mauvais comportement envers la planète.
Toujours est-il qu’il sera difficile de demander aux pays
émergents tels que l’Inde ou la Chine de faire
des « efforts environnementaux » si notre
pays ne montre pas l’exemple. Arrêtons de parler
et de discuter, passons aux actes, c’est-à-dire
à des mesures concrètes.
Le
réchauffement climatique constitue l’épicentre
de la lutte écologiste : il est causé par
de nombreux facteurs (pollution de l’air, déforestation,
etc.) et engendre de nombreuses conséquences désastreuses,
telles que la réduction de la biodiversité
ou la réduction de la capacité des océans
à stocker le carbone. On rentre ainsi dans un cycle
infernal, puisque la déforestation, par exemple,
relargue le CO2 stocké par les arbres et accélère
le réchauffement. Ce dernier fait fondre le permafrost
des pôles, libérant ainsi de la matière
organique en décomposition. La conséquence
de ce phénomène se caractérise par
le relargage d’un gaz à effet de serre : le méthane
(CH4), qui vient enrichir les gaz déjà présents
dans l’atmosphère.
On
le voit, tous les phénomènes sont en interaction
et ont une conséquence. On peut donc facilement
en déduire que chaque geste quotidien en faveur
de la planète sera bénéfique dans
la lutte contre le réchauffement climatique. Trier
ses déchets permet par exemple d’économiser
des matières premières et donc d’éviter
des pollutions susceptibles d’augmenter l’effet de serre,
conduire son véhicule de manière souple
plutôt que sportivement permet d’économiser
40 % de carburant, etc.
Les
citoyens, comme les industriels, doivent être mieux
sensibiliser aux efforts écologiques, et ceci dans
la durée. Les campagnes de sensibilisation ne doivent
pas se cantonner à quelques jours dans l’année
mais être régulières, tous comme les
campagnes de la sécurité routière,
car le nombre de tués sur les routes (environ 5
000 par an) est aujourd’hui bien en deçà
du nombre de personnes qui meurent chaque année
en raison de la pollution : plus de 3 000 morts rien que
pour la pollution atmosphérique. Et on ne parle
pas de la pollution de l’eau ou du scandale des pesticides…
Déforestation
et biodiversité
->
Déforestation
La
déforestation est essentiellement due à
la volonté de l’homme d’étendre les terres
agricoles et de commercialiser le bois. La surface de
forêt tropicale supprimée est estimée
à un terrain de football toutes les deux secondes,
soit l’équivalent de la forêt française
chaque année. En France, le problème ne
se pose pas car le taux de boisement augmente, mais le
problème provient essentiellement des pays émergents
tels que le Brésil, où la réduction
des forêts se fait à une allure vertigineuse.
Le poumon de la planète qu’est l’Amazonie a été
réduit ces dernières années d’environ
20 000 km²/an. Il s’en suit une perte de biodiversité
sans précédent, puisque les forêts,
notamment tropicales, abritent une faune et une flore
très riche.
->
Biodiversité
La
biodiversité a été la stratégie
de la vie pour occuper espaces et « biotopes »
avec un grand principe directeur : mieux s’adapter aux
conditions de milieu pour y être moins vulnérable.
Mais ce grand principe porte en lui un principe contraire,
à savoir qu’une espèce trop bien adaptée
à un milieu en devient trop dépendante et
risque de disparaître si les conditions naturelles
du milieu viennent à changer.
La
disparition d’une seule espèce dans un écosystème
déséquilibre le milieu vivant qui doit,
pour son bon fonctionnent, impérativement veiller
au remplacement de la case vide.
On
estime entre 6 et 30 millions le nombre d’espèces
vivantes sur notre planète alors que seulement
1,8 millions sont répertoriés. 70 à
95% des espèces nous sont ainsi inconnues.
On
ne peut donc protéger les espèces si on
ne protège pas efficacement leurs habitats. Partant
de ce constat, la communauté internationale, sous
l’impulsion et l’initiative de la France, devrait mettre
en place une Organisation Mondiale de l’Environnement
afin d’encourager les bonnes pratiques de préservation
et de gestion du patrimoine naturel, et de permettre l’intégration
des valeurs du développement durable au sein des
pays émergents.
Pour
Génération Ecologie, la sauvegarde de la
biodiversité passe par des réintroductions
concertées, mais aussi par d’autres voies. D’abord
par une prise de conscience universelle sur la nécessité
de protéger la biodiversité. Sans cela le
citoyen en général et son représentant
politique en particulier, ne verront pas la nécessité
de faire des efforts et des sacrifices alors que les bénéfices
de la biodiversité ne leur sautent pas aussi facilement
aux yeux que les bénéfices financiers de
la commercialisation des ressources vivantes.
Un
changement de mentalité s’avère par ailleurs
indispensable. Si l’on continue à raisonner sur
un mode binaire: bénéfices de la biodiversité
contre dépenses pour protéger le patrimoine
et si l’on continue encore à raisonner sur un mode
commercial ou gestionnaire, alors la biodiversité
perdra la partie. Un exemple récent, celui du Clemenceau,
a montré qu’on était prêt à
sacrifier un récif artificiel capable d’améliorer
la biodiversité pour gagner quelques euros en dépeçant
la carcasse de ce navire.
Si
la biodiversité est confiée à des
comptables, il est sûr qu’elle y perdra. Si l’on
remplace notre vision comptable étriquée
et ponctuelle par une vision globale des problèmes
et si l’on remplace le mot « bilan » par le
mot « solidarité » entre les espèces,
on aura fortement progressé dans la sauvegarde
de la biodiversité.
La
prise de conscience universelle se fera parallèlement
au développement des recherches qui nous aiderons
à comprendre la nécessité de sauvegarder
la biodiversité et à l’éducation
qui nous permettra d’acquérir un comportement citoyen
et responsable face a ce problème. Tant que les
problèmes d’environnement resteront, le jour des
élections, loin derrière les problèmes
d’emploi, de salaires ou de sécurité, la
biodiversité sera en danger.
Tant
que « l’homo commercialis » gouvernera le
Monde, la biodiversité n’aura de salut que dans
l’attribution d’une forte valeur marchande donnée
au vivant. Considérant que la biodiversité
est, au même titre que l’eau, l’air ou l’énergie,
un bien commun à tous les hommes, celui qui voudra
en faire commerce devra payer une taxe aux millions d’autres
copropriétaires de ce bien. Cette taxe devra augmenter
au fur et à mesure que les stocks de biodiversité
diminueront. Puisque c’est le seul langage qui soit actuellement
compréhensible par nos dirigeants, utilisons-le.
Cependant,
rien ne se fera dans ce domaine sans une forte impulsion
politique. Laisser les choses en l’état revient
à laisser le « marché » faire
son ménage dans la biodiversité. La privatisation
du vivant est le plus sûr garant de sa disparition.
Pour la biodiversité seul un acte politique fort
en direction des « marchands de biodiversité
» pourra inverser le processus. Cela suppose que
les politiques aient des intérêts différents
de ces derniers. Aujourd’hui, d’après les décisions
prises par les gouvernements, il ne semble pas que ce
soit le cas.
OGM
et pesticides
->
Les OGM
Les
organismes génétiquement modifiés
(OGM) sont des organismes vivants dont le matériel
génétique a été manipulé
afin de leur donner des « qualités »
particulières (résistance à la sécheresse,
à certains insectes, à certains herbicides,
etc.). Aujourd’hui, la surface occupée par les
cultures transgéniques dans le monde atteint 100
millions d’hectares.
Les
risques suscités par ce genre de pratiques sont
nombreux et aucune réponse concrète n’est
aujourd’hui apportée par les autorités.
Une des peurs majeures est celle de la dissémination
du matériel génétique des OGM via
la pollinisation. On ne peut accepter la contamination
de toutes les cultures, et ce n’est pas en créant
des soit disant barrières de quelques mètres
entre les champs que le mécanisme pourra être
contré. Sachant également que les risques
pour la santé humaine sont peu connus, la question
qui se pose est celle du principe de précaution.
Inclus dans la Charte de l’environnement, ce dernier n’est
toujours pas pris en compte par une grande partie de la
classe politique.
Malgré
ce constat alarmant, les OGM peuvent être bénéfiques,
en particulier dans la lutte contre certaines maladies.
Ainsi, leur développement strictement contrôlé
et encadré en laboratoire est toujours envisageable
et peut apporter beaucoup à la recherche médicale.
Quant
aux cultures en plein champ, que l’on nous a longtemps
caché, elles doivent être stoppées
si l’on ne veut pas continuer sur la voie de la réduction
de la biodiversité (des plantes sauvages apparentées
pourraient elles aussi être contaminées).
Il faut aussi que nos politiques arrêtent d’être
à la botte des industriels et des semenciers, afin
que ces derniers, minoritaires, n’imposent pas leurs lois
au plus grand nombre.
La
question des OGM touche chaque citoyen ; c’est pour cette
raison qu’un référendum national doit être
mis en place.
->
Les pesticides
Notre
pays commercialise près de 80 000 tonnes de matières
actives chaque année. Ce triste record lui permet
de se hisser au sommet de la hiérarchie européenne
des consommateurs de pesticides et sur la troisième
marche du podium mondial. L’agriculture est responsable
à 90 % de cette consommation excessive qui engendre
non seulement de graves pollutions (eau, sol, air) mais
aussi la contamination de nos aliments. En effet, plus
de 50 % des fruits et légumes que nous consommons
sont contaminés par des résidus de pesticides.
La
politique actuelle, qui consiste plus à encourager
qu’à dissuader les agriculteurs d’utiliser des
produits phytosanitaires, nous conduit tout droit à
une crise sanitaire majeure. De nombreuses études
ont montré le rôle des ces produits sur nos
organismes : malformations, stérilité, cancers,
etc.
On
ne peut incriminer directement les agriculteurs qui sont
les premières victimes, par leur degré d’exposition,
des substances nocives présentes dans les produits
qu’ils utilisent. C’est donc la politique agricole qu’il
faut revoir, en mettant en place des aides spécifiques
pour permettre une évolution des pratiques vers
une agriculture durable, à savoir le développement
de la production intégrée et de la filière
biologique.
La
politique française en matière d’agriculture
doit suivre le chemin du développement durable
et ne pas rester dans son immobilisme.
L’eau
Comme
chacun le sait, l’eau pourrait bien devenir l’or bleu
du 21ème siècle. En effet, si rien de concret
n’est entrepris rapidement, les situations de pénurie
ne feront que s’aggraver. Les réserves d’eau potable
ne cessent de diminuer car trop pillées pour l’irrigation
agricole, les industries, etc et également trop
polluées, toujours par les mêmes facteurs.
De plus, l’eau potable est inéquitablement répartie
sur la surface de la planète : 1,5 milliards de
personnes n’y ont pas accès.
Il
parait ainsi impensable que nous utilisions de l’eau potable
pour tirer la chasse d’eau de nos toilettes tandis que
25 000 personnes meurent chaque jour de maladies liées
à une eau insalubre. Deux solutions peuvent donc
être envisagées : développer et promouvoir
les « toilettes sèches » qui, malgré
toutes les idées reçues, n’émettent
pas d’odeurs désagréables, et autoriser
l’utilisation d’un réseau de récupération
de l’eau de douche, de l’eau de vaisselle et de l’eau
pluviale pour nos sacro-saintes toilettes. C’est par ce
genre de changements de comportement, qui peuvent paraîtrent
désuets, que nous arriverons à limiter notre
consommation d’eau potable qui atteint largement 10 fois
celle d’un Africain.
Chacun
sait que l’eau est une ressource indispensable à
la vie, mais notre situation privilégiée
ne nous permet pas forcément de nous rendre compte
de la réalité mondiale. Même dans
les contrées tempérées au l’eau est
encore abondante, la pollution industrielle ou domestique
rend une bonne partie de cette ressource impropre à
la consommation.
Son
prix augmente inexorablement au fur et à mesure
que la dépollution devient de plus en plus difficile
à mettre en œuvre et il n’est pas si loin de nous
le temps où, comme l’avait prédit l’écologiste
René DUMONT, un verre d’eau coûtera très
cher.
Le
réchauffement climatique annoncé va encore
augmenter la proportion des déserts et donc l’étendue
des terres arides. Les cultures végétales
et les écosystèmes seront profondément
modifiés dans les dix ans à venir.
Avant
les conflits armés pour la possession des derniers
gisements de pétrole, ce sont les guerres pour
la possession des gisements d’eau qu’il faudra craindre.
Discours
de France Gamerre
Femmes débat et société
Paris Université d'Eté
Les 3 et 4 juillet 2006
Les
femmes changeront-elles la politique ?
La
nature de la politique
La
politique étant l’art de gouverner les hommes (c’est-à-dire
de les manipuler) c'était jusqu'à nos jours
une occupation essentiellement réservée
aux hommes, les femmes préférant gouverner
plutôt les personnes que de groupes.
Les
hommes et la politique
Pour
gouverner, il faut non seulement apparaître comme
un meneur d’hommes dans les périodes de guerre,
mais aussi être un chef de clan dans le civil "et
en période de paix". Or les chefs de meute
sont souvent des hommes, car c’est un jeu et une ambition
de dominer le clan. Le mâle dominant bénéficie
d’avantages matériels et notamment des femmes,
d'où l’intérêt de dominer les autres
par des actes guerriers ou politiques. Cette situation
a amené les hommes à monopoliser la vie
politique. Cette monopolisation a été consacrée
en France par la loi salique qui excluait les femmes du
poste suprême de souverain.
Les
femmes et le politique
Les
femmes, la plupart du temps, objet de luttes entre les
hommes, n’avaient pas cette ambition de domination de
la vie du groupe. A de rares exceptions prés, elles
se contentaient d’être l’enjeu des luttes plutôt
que de participer elles-mêmes à ces luttes.
Historiquement elles ont rarement pris les armes sauf
pour défendre une cause nationale ou défendre
leur clan ou leurs familles (Ste Geneviève à
Paris, Jeanne Hachette en Bourgogne, Jeanne d’Arc, etc…).
Elles
interviennent notamment dans les périodes de crises.
Les femmes, durant la deuxième guerre mondiale,
ont été de "grandes résistantes",
des combattantes, mais aussitôt la guerre terminée,
les hommes ont imposé à nouveau leur ordre
politique et social. Certes, en 1944 les femmes ont enfin
acquis le droit de vote et c'est primordial, mais un droit
de vote acquis avec un retard considérable par
rapport aux autres nations. Une anecdote historique :
Léon BLUM a refusé le droit de vote aux
femmes et par contre, a nomme trois femmes Sous-Secrétaires
d'Etat, décision qui concernait des personnes mais
dont leur groupe social ne bénéficiait pas.
Les
choses n'ont pas beaucoup changé, les nominations
dans les exécutifs quels qu'ils soient, sont toujours
"le fait du prince". C'est peut-être l'illustration
de l'incapacité des hommes à résoudre
les crises et ainsi ils reconduisent le même ordre
politique et social qui est pensé et qui a été
pense sans les femmes.
Ce
qui a changé
Ce
qui a changé, c’est la nature du monde et ses enjeux.
Les femmes sont les gardiennes de la survie de l’espèce,
alors que les hommes passent leur temps à s’entretuer.
Aujourd'hui,
la survie de l’espèce humaine passe par la survie
de la planète et donc dans ce combat qui rejoint
celui de l’écologie, et du développement
durable, les femmes sont en première ligne car
elles sont source de vie.
Aujourd'hui,
cette notion de survie de la planète est encore
sous jacente, à peine visible donc les hommes peuvent
continuer à jouer de leurs joutes politiciennes
pour un pouvoir officiel, signe de decorom sinon de puissance.
Mais dès que cette menace deviendra plus pressente
et elle l'est, les femmes seront bien obligées
de monter en première ligne.
La
place pour les femmes en politique actuellement
Aujourd'hui
la place des femmes en politique est très circonstancielle
:
Je
vous rappellerai simplement qu'il y a 25 % de femmes Conseillères
Régionales, 10,9 % sénatrices, 12,3 % à
l'Assemblée Nationale. Nous sommes dans ces assemblées
dans la position d'avant-dernière en Europe juste
avant la Grèce. Concernant les Députés
Européens et
47,5
% de Conseillères Municipales, c'est mieux.
Pour
expliquer ce petit nombre de femmes en politique institutionnelle
notamment au niveau du Parlement, on évoque généralement
les obstacles que les femmes rencontrent et qui seraient
incompatibles avec l'action politique. Je parle de la
notion "de manque," par exemple : le manque
de temps lié aux obligations familiales alors que
l'on fait de moins en moins d'enfants, le manque d'intérêt,
alors qu'en dehors de la politique institutionnelle les
femmes sont massivement présentes et actives dans
les partis politiques, sans parler du monde associatif,
le manque de compétence, le manque de place, etc,
etc….. En fait ce sont ces vieux stéréotypes
sociaux-historiques qui s'appliquent et, les règles
pour l'accès au pouvoir politique sont très
contraignantes dans cet univers partisan. Ces règles
son souvent informelles, invisibles. On parle de la nécessité
de "percer le plafond de verre"pour les femmes.
Quelques
questions :
-
Dans un parti, comment des femmes néophytes peuvent-elles
concurrencer des hommes cumulant plusieurs mandats et
depuis longtemps ?
-
Faut-il se trouver un parrain ou une marraine "politique"
? Comment?
-
Comment apprendre à résister aux violences
politiques qui sont très souvent des atteintes
à la dignité morale humaine quand ce n'est
pas physique (verbal, injures etc…).
QUE
FAIRE ?
C'est
repenser la représentation dans nos sociétés
démocratiques. Il est clair que nous sommes dans
un système de gouvernance en crise, et nous devons
inscrire le débat sur la parité dans une
réflexion et une action plus globale, notamment
sur le rétablissement du lien politique entre le
citoyen et ses représentants. Il faut casser le
monopole de l'énarque(ou pas d'ailleurs) de 50
ans et ouvrir la politique à la société
civile, aux femmes et ainsi aux préoccupations
réelles de nos concitoyens.
Bien
sûr, la loi sur la parité a amené
quelques évolutions souvent locales. C'est une
première marche franchie mais à la question
pour ou contre : je réponds que cette loi n'est
qu'un outil qui doit permettre aux femmes d'accéder
aux exécutifs. En un mot, faisons avancer l'histoire
par des mesures législatives:
limite
des dépenses électorales et remboursement
des coûts des élections, soutien aux élus
(familles, crèches), présenter une femme
quant un homme ne veut plus se représenter, interdire
le cumul de plus de deux mandats, revoir la durée
des mandats et le nombre de réelections dans un
meme mandat,revoir le statut de l'élu, rétablir
la parité à tous les niveaux dans les exécutifs
et pas seulement au niveau des élus mais aussi
dans le monde économique.
Au
niveau de l'action: éducation civique dans les
écoles, dans les partis, formation des aspirantes
candidates, rôle des associations et des fondations,
ouverture des profils politiques etc…
A
la question : Quel avenir pour les femmes en politique
en France ?
Je
réponds qu'elles prendront progressivement de plus
en plus de place, et la génération actuelle
des femmes alibis cédera, est entrain de céder
la place à des femmes convaincues, se sentant investies
d’une mission fondamentale, celle d’éviter que
la société humaine soit rayée de
la planète.
Conclusion
Les
changements sont longs à venir car les hommes ne
partageront leurs jeux de pouvoir ou la place de mâle
dominant que contraints et forcés par les événements
et l’évolution des mentalités.
Les
femmes peuvent être novatrices, porteuses d'une
autre vision du pouvoir, débarrassée des
idées du schéma classique dominant dominé.
La
femme politique par sa capacité à insuffler
cet humanisme, qui fait défaut chez la plupart
de nos politiques actuels, à un rôle majeur
à jouer dans la mise en œuvre d'une nouvelle vision
politique, d'une nouvelle gouvernance.
Cette
place, cette parité sera reconnue aux femmes lorsque
les jeux des hommes seront en complet décalage
avec les réalités environnementales, car
l’environnement, lui, se moque totalement de savoir qui
domine les humains, ce qui l’intéresse c’est de
savoir avec qui il peut dialoguer pour trouver, retrouver,
un équilibre entre ses besoins, ses ressources
et ceux des hommes.
En
tant que Présidente de Génération
Ecologie, je voudrais vous citer le principe 20, issu
du sommet de la terre en 1992 à Rio, qui précise
: "les femmes ont un rôle vital dans la gestion
de l'environnement et le développement" et
que "leur pleine participation est essentielle à
la réalisation d'un développement durable".
La
biodiversité de plus en plus menacée
La
perte de biodiversité ne cesse de s’aggraver. L’Union
Internationale de Conservation de la Nature (UICN) a publié
cette semaine sa liste rouge des espèces menacées
d’extinction. Ce sont ainsi plus de 16 000 espèces
(sur 40 000 étudiées) qui sont menacées,
dont les plus connues sont l’ours polaire, victime du
réchauffement climatique, et l’hippopotame, cible
de la barbarie humaine. En effet, 95 % des hippopotames
de la République Démocratique du Congo ont
été décimés en 12 ans, pour
leur viande et leur ivoire.
L’UICN
constate par ailleurs que 784 espèces sont officiellement
éteintes, et que 65 n’existent plus à l’état
sauvage. Cette liste rouge est composée de un huitième
d’oiseaux, un quart de conifères, un quart de mammifères
et un tiers d’amphibiens (qui représentent de très
bons bioindicateurs).
Ces
nouvelles données ont de quoi nous faire réfléchir
sur le rôle que nous jouons dans cette extinction
massive. C’est à nous tous, citoyens et politiques,
de prendre les bonnes décisions.
Il
incombe ainsi à chacun de préserver les
écosystèmes, de ne pas favoriser les trafics
internationaux par nos achats (ivoire, bois, ailerons
de requins, etc.). Il est également impératif
de ne pas introduire d’espèces invasives ou de
limiter l’utilisation de produits phytosanitaires. Les
conséquences de tels actes, qui débutent
dans nos jardins, sont parfois catastrophiques pour les
milieux naturels !
En
tant que politique, je me dois de proposer des mesures
concrètes. L’inconvénient majeur réside
dans le fait que les problématiques environnementales
ne sont pas assez prises en compte par nos gouvernements
successifs.
Il
serait pourtant relativement simple de développer
à grande échelle le système des corridors
biologiques, afin de créer de réelles interactions
entre les écosystèmes. De même, il
serait aisé d’informer le public afin de lutter
contre les espèces invasives. Beaucoup d’autres
points peuvent être approfondis ; tout dépend
de la volonté politique. Le débat pour 2007
doit certes évoquer les problèmes sociaux
et économiques, mais nous devons y inclure la préservation
de l’environnement. C’est pour cette raison que je souhaite
mettre en place une politique de développement
durable concrète et réaliste. Préserver
la biodiversité, c’est aussi préserver nos
ressources et notre avenir.
France
GAMERRE
Les
français inquiets pour l'avenir de leur planète
Un
sondage TNS-Sofres* paru le 6 avril dernier donne 8 français
sur 10 se déclarant inquiets pour l'avenir de la
planète (23 % se déclarant même "
très inquiets ").
Pourtant,
dans les actes quotidiens, seul un français sur
deux passe aux actes.
Il
ressort également de ce sondage que les risques
environnementaux durables sont appréciés
différemment selon les français.
Le
réchauffement de la planète et les changements
climatique préoccupent 42 % des personnes interrogées.
Viennent ensuite la pollution de l'eau (38 %), la pollution
de l'air (32 %), la disparition des forêts (25 %)
et la disparition des espèces (19 %). Les français
s'alarment aussi des crises ponctuelles telles que l'apparition
de nouvelles maladies graves (23 %) ou les catastrophes
naturelles (15 %). Dans les gestes quotidiens, 68 % des
français déclarent trier et recycler leurs
déchets, 52 % ne pas gaspiller l'eau, 51 % ramener
les piles usagées aux bornes des commerces concernés,
47 % économiser l'électricité, 45
% ramasser un plastique ou un carton qui traîne
ou encore 44 % ne pas utiliser de sacs plastiques pour
leurs courses.
Si
les femmes de plus de 50 ans peu diplômés
se disent investie par les gestes quotidiens en faveur
de l'environnement, les personnes les moins impliquées
sont les 15-24 ans ainsi que les étudiants et les
habitants de la région parisienne. AD * Enquête
réalisée par téléphone auprès
de 3 942 personnes, entre le 2 janvier et le 26 février
2006.
Voir
également le billet d'humeur de France Gamerre
sur ce sujet, sur le blog : http://lesamisdefrance.over-blog.fr
06
avril 2006
Amende
record pour un dégazage en mer, oui, mais encore…
Le
tribunal correctionnel de Brest (Finistère) a condamné
mercredi 5 avril le commandant d'un porte-conteneurs pris
en flagrant délit de pollution en mer à
une amende record de 800.000 euro s, dont 90% à
la charge de l'armateur.
Le
"Maersk Barcelona", bâtiment de 239 mètres
battant pavillon Bahamas, avait été repéré
le 20 septembre dernier à environ 160 kilomètres
à l'ouest de l'île de Sein (Finistère)
par un avion des douanes françaises, avec dans
son sillage une pollution par hydrocarbures longue de
61 kilomètres sur 100 mètres de large.Selon
la préfecture maritime de l'Atlantique (Brest),
il s'agissait de la plus importante pollution en mer jamais
constatée sur sa zone d'intervention, en l'occurrence
du Mont-Saint-Michel à la côte espagnole.
(AFP)
Si
l’importance de pénalités sévères
pour les pollueurs des mers n’est pas à remettre
en cause, je m’interroge cependant sur l’aboutissement
réel de telles sanctions. Les différentes
condamnations enregistrées ces dernières
années ont-elles toutes été versées,
ou ces procédures ne font-elles encore qu’office
de « vernis » visant à montrer le bon
exemple, voire à augmenter la crainte des «
dégazeurs » à l’approche de nos côtes,
que les navires sauront désormais surveillées
?
Un
texte des Nations Unies émanant de la convention
de Montego Bay, donne juridiquement priorité à
l’état du pavillon au détriment de l’état
côtier. Il serait alors vraiment temps que les justices
des différents pays, notamment au niveau européen,
appliquent les mêmes peines, et prennent exemple
sur la France, pour que ces sanctions soient vraiment
dissuasives.
Cette
information soulève aussi la question de la redistribution
de l’argent récolté. Pour le cas du Maersk
Barcelona le tribunal a accordé des dédommagements
et indemnités à une douzaine d’associations
écologistes qui s’étaient, à l’époque
du fait, portées partie civile. Nous arrivons donc
approximativement à 60 000 euros devant être
redistribués aux associations. A quoi le reste
de la pénalité (soit plus de 700 000 euros)
sera-t-il alors utilisé ? Et qu’en est-il du soutien
légitime à des structures tels que le FIPOL
(Fond internationale d'indemnisation pour les dommages
dus à la pollution par les hydrocarbures) ? Cet
argent sera-t-il par exemple réinvesti dans des
dispositifs anti-marées noires ?
J’espère
que le principe du pollueur-payeur, grâce à
une cohésion entre les états, gagnera en
crédibilité, et que l’argent versé
par les différents pollueurs servira effectivement
à un mieux être pour notre environnement,
pour des réparations certes, mais aussi pour de
la prévention à hauteur des dommages supportés
chroniquement par nos côtes.
France
GAMERRE