Génération Ecologie
 
Blog des Amis de France Gamerre

 

Libre expression

 

Discours de France Gamerre lors des son intervention au Sénat
dans le cadre du 4ème Forum Mondial du Développement Durable
.

Après bien des années de tergiversations et de polémiques, la lutte contre le réchauffement climatique devient enfin une préoccupation mondiale.

C'est probablement le 1er cas d'une prise de conscience collective de l'humanité, dans le domaine de l'environnement. La planète du fait de son cycle de vie plus lent que celui des humains et de la complexité de ses réactions physico-chimiques, n'a pas répondu immédiatement aux sollicitations, ni aux agressions, liées au mode de vie moderne.

L'homme et ses dirigeants en ont donc conclu, que ces excès et ses agressions n'avaient aucun impact sur l'équilibre de notre planète, et qu'en conséquence on pouvait sans restriction continuer ces agressions, et ce d'autant plus, qu'elles sont fortement rentables pour notre économie, et aussi parfois, pour notre bien-être immédiat.

Ceci étant dit, comment répondre au triple problème qui se pose à nous en tant que responsable politique, en tant qu'élu, car nous devons intégrer dans la mise en œuvre de notre politique 3 dimensions :
- le passé  : réparer si possible, arrêter les agressions de l'aire industrielle notamment les émissions de gaz à effet de serre.
- le présent :  nos concitoyens veulent une vie de qualité.
- le futur : nous devons prévoir ce que sera demain l'état de notre planète, de nos ressources,  le devenir de notre société pour des personnes qui ne sont pas encore nées.

Là aussi, c'est certainement la première fois que cette  prise en compte de ces 3 dimensions temporelles se produit dans l'histoire de l'humanité. La mise en œuvre des politiques était, jusqu'à présent, limitée au mieux à une génération et c'était surtout des politiques spatiales (aménagement du territoire).

Aujourd'hui il faut sortir de la théorie, hiérarchiser les enjeux, décloisonner, concerter, agir sur l'existence et anticiper l'avenir.

Dans mon mandat d'élu local (adjointe au maire chargée des affaires maritimes) c'est à la fois l'économie maritime pure et dure qu'il faut gérer, y compris la pêche, mais aussi toute la dimension touristique, sportive, balnéaire ainsi que toutes les traditions d'une culture maritime où parfois les relations sont très tendues.

Un bon exemple c'est celui de l'évolution et de l'épuisement de la ressource halieutique. Les pêcheurs sont dans des situations économiques difficiles qui en font parfois des chômeurs. Pour lutter contre les conséquences de cette modification et de cet épuisement des ressources, nous avons mis en œuvre un programme d'immersion de récifs artificiels,  le plus important en France 35000 m3 sur 200 hectares. Si les immersions vont débuter en 2007, il a fallu vaincre bien des réticences :
- voir arriver une femme aux affaires maritimes, cela ne s'était jamais produit (depuis Colbert)
- vaincre les a priori sur l'expertise
- répondre aux intérêts spécifiques des différents acteurs (pêcheurs, plaisanciers, plongeurs, Port Autonome), les convaincre qu'à terme tous étaient gagnants
- pour cela, mettre en œuvre une autre gouvernance, celle de la concertation.

Rien ne pourra aboutir en la matière sans la mise en œuvre d'une démocratie locale qui permet de renforcer la confiance, et la mise en place d'un véritable pacte social indispensable face aux grandes réformes que nous devons mettre en œuvre pour lutter contre le réchauffement climatique.

Afin de répondre à cette urgence vitale pour la survie de l'espèce humaine, il faut aussi faire appel à une philosophie de la liberté assumée (et non débridée), à une philosophie de la responsabilité.

Aux hommes et aux femmes politiques de répondre à ce défi.

France Gamerre

 


Un "Congrès de l'Epinay" pour l'écologie.

France Gamerre s'exprime en faveur d'un Congrès de l'Epinay" pour l'écologie. Seule une démarche unitaire de tous les écologistes pourrait redonner sa place à l'écologie politique dans notre pays.

 

Chère Dominique

Pour garder le ton de votre lettre ouverte à Nicolas Hulot, dans le quotidien " Libération " du 21 novembre, permettez-moi de vous appeler " chère " considérant que les écologistes devraient nous être plus " chers
" que ceux qui s’y opposent.
Si je suis d’accord avec vous pour dire que notre ami Nicolas Hulot a emprunté beaucoup dans son dernier livre (comme dans les précédents) aux mouvements écologistes historiques, dont les Verts en sont un au même titre que Génération Ecologie, que j’ai l’honneur de présider depuis la retraite politique de Brice Lalonde.
Je pense que l’Ecologie (avec ou sans Nicolas Hulot) est entrée dans une nouvelle phase de son évolution. Cela c’est grâce à notre héritage commun que Nicolas Hulot a su mieux que nous mettre en images.
Ceci ne nous autorise pas à parler de " captation d’héritage " car nous ne sommes pas propriétaires des principes de l’écologie, même s’ils sont une partie de notre oeuvre. Ni les uns ni les autres n’avons fait breveter nos principes pour pouvoir aujourd’hui revendiquer des royalties électorales sur cet héritage.
C’est pourquoi je trouverais plus approprié de votre part de parler de la création d’un pôle commun des écologistes associant tous les Mouvements et toutes les personnalités se revendiquant de cette mouvance dans une sorte " d’Epinay de l’Ecologie " (en référence au Congrès socialiste qui a permis à François Mitterrand de ressembler la famille socialiste) que de vouloir partager avec le seul Nicolas Hulot, l’héritage de l’écologie politique que nous ont légué René Dumont, Haroun Tazieff, Antoine Weachter ou Brice Lalonde.

Dois-je vous rappeler, chère Dominique, que ce regroupement aurait pu se faire dès 1993, si " l’entente écologique ", entre les Verts et Génération Ecologie (les deux principaux partis écologiques de l’époque)
mise en place pour les législatives de 1993, avait pu se poursuivre lors des élections ultérieures et notamment lors des européennes de 1994 ?
Dois-je aussi vous rappeler que l’histoire vous attribue l’échec de cette alliance (qui avait pourtant recueilli plus de 11% de suffrage) car votre ambition de l’époque était d’avoir des députés et des ministres Verts plutôt que de rassembler les diverses formations écologiques ?
La suite vous la connaissez aussi bien que moi ainsi que la plupart des observateurs. D’abord vous avez fait une belle carrière ministérielle chez les socialistes et grâce à eux les Verts sont devenus le premier
parti écologique de France avec plus de 1400 élus. Certes c’est là, me direz-vous, une conséquence du scrutin majoritaire qui prévaut dans notre anachronique pays et vous n’avez fait que profiter du sens politique de Lionel Jospin qui, comme Mitterrand, a utilisé les Verts pour se forger une aile écologique et un contrepoids à la pression communiste.
Je dois dire que sur ce plan là vous aviez raison car l’expérience montre que vous ne vous êtes pas trompée de camp car celui de la droite, n’a eu de cesse d’éliminer les partis écologistes, soit en les chassant du terrain politique soit en les digérant en "entrée" lors de ses banquets électoraux.

Ensuite votre torpillage de l’entente des écologistes a entraîné une guerre de 13 ans entre écologistes. Laquelle est loin d’être arrivée à son terme. Entre nous, quelle belle occasion de gâchée car, aujourd’hui, le score global des écologistes serait certainement supérieur aux 10 à 14% qu’ils recueillent (toutes tendances confondues).
Aussi permettez moi de vous dire, chère Dominique, que la tentative actuelle qui transparaît dans votre lettre et qui consiste à vouloir vous associer (avec 2% dans les sondages) à Nicolas Hulot (10% dans les sondages) ressemble à la confection d’un " pâté d’alouettes " à partir d’un cheval et d’une alouette. Cette intention me paraît dérisoire par rapport aux objectifs de l’écologie.
On comprend bien votre angoisse de terminer la présidentielle avec un score ridicule si Nicolas Hulot se présentait aux élections en même temps que vous et votre volonté de recueillir son propre héritage
électoral s’il ne s’y présentait pas, mais avouez que tout ça est très personnel et à courte vue.

L’enjeu écologique majeur aujourd’hui, c’est d’établir une politique de " développement durable " que vous n’avez su mener à bien avec un PS relativement bienveillant à votre égard, faute d’avoir le soutien de
tous les écologistes. Il n’y a donc pas de raison que vous réussissiez à imposer cette politique si à nouveau, les socialistes revenant au pouvoir, faisaient appel à vous pour le " riquiqui " ministère de l’écologie.
Seule une démarche unitaire des écologistes, allant à l’encontre de votre démarche habituelle qui est d’écarter systématiquement les autres formations écologistes (sauf celle de votre amie Corinne Lepage) du champ de l’écologie politique, pourrait redonner sa place à l’écologie politique dans notre pays .

Enfin, j’ai relevé dans votre lettre, quelques erreurs d’analyse probablement induites par votre fréquentation intensive des sphères socialistes dont celle qui consiste à confondre le libéralisme et
l’industrialisation. Car les dégâts écologiques passés sont dus à l’industrialisation qui a pu se développer grâce à la domestication et à l’utilisation massive des énergies fossiles (charbon, pétrole et uranium) et non au libéralisme lui-même. Dois-je vous rappeler que les principales catastrophes écologiques du 20eme siècle se sont situées en Europe de l’Est, en ex-URRS et notamment en Sibérie qui ne subissaient pas des régimes que l’on pouvait qualifier de libéraux au sens politique et économique du terme ? Je vous concède que le régime socialiste des anciennes Républiques Soviétiques a cessé de faire des dégâts puisqu’il n’existe plus dans les textes de leur constitution.
Je vous concède donc que le principal pollueur actuel est le régime libéral auquel vous et moi, cherchons à substituer un régime " écologénique " basé sur une politique de " développent durable ".

Enfin, je terminerai cette missive en vous demandant, puisque les médias sont à votre service, d’en profiter pour rallier les français à une idée qui devra s’imposer dans les années à venir: celle d’un nouveau clivage politique non plus entre la droite et la gauche (qui est un héritage des luttes sociales du 20ème siècle) mais entre écologistes et anti-écologistes.

A chacun et chacune de choisir son camp.

Par France Gamerre, Présidente de Génération Ecologie, Candidate à la Présidence de la République
LIBERATION.FR : lundi 27 novembre 2006


Les principaux défis écologiques

La question énergétique

Avec l’essor des pays en voie de développement (Inde et Chine notamment), le monde va devoir faire face à une surconsommation énergétique sans précédent. La France, de son côté, a cherché à obtenir son indépendance vis-à-vis de l’énergie depuis les années 70 et les chocs pétroliers. Mais cette indépendance, qui a été obtenue grâce à l’énergie nucléaire, est difficile à gérer. Les risques liés à la radioactivité des déchets nucléaires font peur et la gestion qui en a été faite jusqu’à maintenant laisse vraiment à désirer. Il est temps aujourd’hui d’envisager d’autres solutions, notamment au travers des nouvelles technologies (éolien, solaire, etc.) et des économies d’énergies.

-> Les énergies fossiles

Il est indispensable de sortir rapidement de l’utilisation outrancière des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…). Concernant plus particulièrement le pétrole, on sait très bien aujourd’hui que les grands industriels de l’automobile ont des projets de voitures électriques dans leurs cartons. Alors pourquoi ne les mettent-ils pas sur le marché ?

L’utilisation des ressources fossiles devrait être exclusivement réservée à des usages ciblés, pour lesquels on ne possède pas encore d’alternative technique. C’est le cas notamment pour le transport aérien, où il n’existe pas de solution concrète à l’heure actuelle. Dans le même temps, les transports tels que le train doivent être privilégiés par rapport à l’avion, notamment par l’instauration de taxes « écologiques ». Bref, limitons au maximum les dépenses inutiles de nos ressources : nous avons les solutions, alors appliquons-les. Pour cela, cassons le pouvoir des lobbies et engageons une révolution énergétique.

-> L’énergie nucléaire

78 % de l’énergie électrique française est issue du nucléaire, ce qui positionne notre pays comme un leader mondial de cette technologie. Néanmoins, notre parc nucléaire est vieillissant et la difficile gestion des déchets nucléaires ne nous invite pas à continuer dans cette voie, mais plutôt à accompagner progressivement la fin des centrales telles que nous les connaissons aujourd’hui. Cet accompagnement ne pourra se faire que dans la durée, car personne n’est prêt à s’éclairer dès demain à la bougie (ni à la lampe à pétrole…).

La méfiance vis-à-vis du nucléaire en France relève notamment de la désinformation lors du passage du nuage de Tchernobyl sur notre territoire. Depuis lors, tout ce qui touche au nucléaire est malsain, et il est impossible d’en blâmer les citoyens.

Cependant, la perspective du projet de recherche ITER entre dans un cadre différent. La recherche d’une nouvelle énergie ne doit pas être mise sous silence, sous prétexte qu’elle coûte cher. Certes, les moyens mis en œuvre sont conséquents, mais il est heureux de voir pour une fois des scientifiques du monde entier travailler main dans la main et dans le même sens. Génération Ecologie entend encourager la recherche. Les plus grands projets ont tous permis d’améliorer notre quotidien. Certes, cela va engendrer des déchets, mais seuls 5 % seront à moyenne activité et auront une durée de vie supérieure à 30 ans : on est loin des déchets actuels émis par nos centrales. Or, peu de gens savent que plus de 15 milliards de sacs plastiques (qui mettent environ 400 ans pour disparaître) sont produits chaque année pour notre pays.

La fin du pétrole risque d’engendrer un regain d’intérêt pour le nucléaire civil. Il est donc nécessaire d’être vigilant et d’encourager les solutions alternatives.

-> Les énergies renouvelables

ITER reste un projet scientifique et son application industrielle ne se fera, en cas de réussite, pas avant 50 ans. Il faut donc favoriser un mix d’énergie, basé sur les richesses que peuvent nous apporter les éléments : soleil, vent, eau. Mais dans le domaine des énergies renouvelables comme dans beaucoup d’autres domaines écologiques, la France est à la traîne. Alors qu’elle dispose de conditions favorables (ensoleillement, carte des vents, etc…), les projets voient le jour dans la douleur. Par exemple, on ne compte pas encore 1 000 MW d’éoliennes installées alors que la France dispose du deuxième potentiel technique européen avec 85 TWh/an (soit l’équivalent de la consommation de plus de 20 millions de foyers). Le problème est d’ordre culturel : par exemple, on veut bien des éoliennes, mais pas chez soi. Or, les mêmes personnes qui sont contre les éoliennes (pour des considérations esthétiques notamment), s’insurgent contre la pollution atmosphérique ! Les considérations de chapelle doivent aujourd’hui être combattues : un parc éolien est tout de même moins gênant qu’une centrale nucléaire !

Génération Ecologie propose d’imposer une part d’énergie renouvelable dans chaque construction individuelle, afin de développer l’économie de ces secteurs (qui ont trop longtemps été ignorés) et d’engendrer des emplois. Ces derniers pourront d’ailleurs se développer en milieu rural, car l’installation de capteurs solaires ou d’éoliennes demande un peu d’espace. Cette proposition permettra donc de redynamiser des espaces ruraux parfois défavorisés.

Les progrès techniques nous apportent chaque jour de nouvelles solutions pour améliorer écologiquement notre consommation énergétique. Il est donc nécessaire d’encourager les développement de nouvelles techniques, tout en continuant nos efforts dans la réduction du gaspillage énergétique.

-> Les économies d’énergie

L’énergie non consommée grâce à une utilisation intelligente des ressources ne signifie pas que nous devons revenir à l’âge de pierre. Génération Ecologie propose que tous les bâtiments publics à construire le soient suivant la démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) ; le surcoût à la construction étant amorti par les économies d’énergie réalisées. On ne peut continuer de demander aux citoyens de faire des efforts sans que les institutions s’investissent. C’est à ces dernières de montrer l’exemple. De plus, l’instauration d’une telle mesure dopera le secteur du bâtiment.

En matière de transport, les constructeurs se mettent enfin à créer des voitures hybrides mais ce sont les préoccupations des consommateurs qui les ont contraint à s’améliorer. Malheureusement ou heureusement, il faut bien souvent attendre des contraintes financières telle que la hausse du prix du baril de pétrole pour voir les efforts d’économie d’énergie s’amplifier. C’est ce que l’on appelle un mal pour un bien.

La gestion des déchets

En France, la gestion des déchets est un problème critique. En effet, les décharges telles que nous les connaissions encore il y a 10 ans n’ont plus lieu d’être. Aujourd’hui, seuls les déchets ultimes peuvent être accueillis dans ce que l’on appelle désormais les centres d’enfouissement technique (CET). Ces derniers, tout comme les incinérateurs, font l’objet de vives polémiques concernant leur impact sur l’environnement. Parmi ces deux solutions, aucune n’est réellement la bonne. Entre le risque de polluer les eaux et les nappes phréatiques et celui de polluer l’air de substances nocives, le choix est cornélien.

Le problème, comme toujours, est à considérer à la source. Bien que les industriels paient une taxe pour chaque emballage mis sur le marché, le volume des poubelles des ménages ne cesse d’augmenter. Il est donc indispensable de procéder rapidement à une mesure plus contraignante qu’une simple participation financière, car même avec cela, ce sont toujours les contribuables qui doivent payer, au bout de la chaîne, pour l’élimination des déchets. Obliger les industriels à réduire au maximum leurs emballages leur permettrait aussi de réaliser des économies !

La solution la plus écologiquement acceptable est donc un tri sélectif efficace, c’est-à-dire accompagné d’une campagne de sensibilisation d’envergure. Avec la raréfaction des produits pétroliers et de divers métaux, les déchets vont bientôt constituer de véritables mines d’or. Là encore, le facteur économique permettra vraisemblablement d’améliorer les choses…

Le réchauffement climatique

Toutes les prévisions scientifiques, des plus optimistes aux plus pessimistes, prévoient un réchauffement climatique sans précédent. En effet, on sait que l’histoire de la Terre est jalonnée par des périodes glaciaires et par des périodes de réchauffement. Cependant, l’inquiétude concerne l’échelle de temps. D’ici la fin du 21ème siècle, les climatologues prévoient une élévation de la température de 1,5 à 6°C. Les sceptiques diront que l’incertitude est grande, mais un réchauffement de 1,5 °C est d’ores et déjà jugé comme catastrophique par les spécialistes.

La belle machine climatique de la planète connaît un enrayement sans précédent, car causé par l’espèce humaine. Les sceptiques vis-à-vis de ce réchauffement sont de moins en moins nombreux et seront très bientôt marginalisés.

Paradoxalement, ce réchauffement sera peut-être bénéfique car il pourra permettre une plus grande prise de conscience de notre mauvais comportement envers la planète. Toujours est-il qu’il sera difficile de demander aux pays émergents tels que l’Inde ou la Chine de faire des « efforts environnementaux » si notre pays ne montre pas l’exemple. Arrêtons de parler et de discuter, passons aux actes, c’est-à-dire à des mesures concrètes.

Le réchauffement climatique constitue l’épicentre de la lutte écologiste : il est causé par de nombreux facteurs (pollution de l’air, déforestation, etc.) et engendre de nombreuses conséquences désastreuses, telles que la réduction de la biodiversité ou la réduction de la capacité des océans à stocker le carbone. On rentre ainsi dans un cycle infernal, puisque la déforestation, par exemple, relargue le CO2 stocké par les arbres et accélère le réchauffement. Ce dernier fait fondre le permafrost des pôles, libérant ainsi de la matière organique en décomposition. La conséquence de ce phénomène se caractérise par le relargage d’un gaz à effet de serre : le méthane (CH4), qui vient enrichir les gaz déjà présents dans l’atmosphère.

On le voit, tous les phénomènes sont en interaction et ont une conséquence. On peut donc facilement en déduire que chaque geste quotidien en faveur de la planète sera bénéfique dans la lutte contre le réchauffement climatique. Trier ses déchets permet par exemple d’économiser des matières premières et donc d’éviter des pollutions susceptibles d’augmenter l’effet de serre, conduire son véhicule de manière souple plutôt que sportivement permet d’économiser 40 % de carburant, etc.

Les citoyens, comme les industriels, doivent être mieux sensibiliser aux efforts écologiques, et ceci dans la durée. Les campagnes de sensibilisation ne doivent pas se cantonner à quelques jours dans l’année mais être régulières, tous comme les campagnes de la sécurité routière, car le nombre de tués sur les routes (environ 5 000 par an) est aujourd’hui bien en deçà du nombre de personnes qui meurent chaque année en raison de la pollution : plus de 3 000 morts rien que pour la pollution atmosphérique. Et on ne parle pas de la pollution de l’eau ou du scandale des pesticides…

Déforestation et biodiversité

-> Déforestation

La déforestation est essentiellement due à la volonté de l’homme d’étendre les terres agricoles et de commercialiser le bois. La surface de forêt tropicale supprimée est estimée à un terrain de football toutes les deux secondes, soit l’équivalent de la forêt française chaque année. En France, le problème ne se pose pas car le taux de boisement augmente, mais le problème provient essentiellement des pays émergents tels que le Brésil, où la réduction des forêts se fait à une allure vertigineuse. Le poumon de la planète qu’est l’Amazonie a été réduit ces dernières années d’environ 20 000 km²/an. Il s’en suit une perte de biodiversité sans précédent, puisque les forêts, notamment tropicales, abritent une faune et une flore très riche.

-> Biodiversité

La biodiversité a été la stratégie de la vie pour occuper espaces et « biotopes » avec un grand principe directeur : mieux s’adapter aux conditions de milieu pour y être moins vulnérable. Mais ce grand principe porte en lui un principe contraire, à savoir qu’une espèce trop bien adaptée à un milieu en devient trop dépendante et risque de disparaître si les conditions naturelles du milieu viennent à changer.

La disparition d’une seule espèce dans un écosystème déséquilibre le milieu vivant qui doit, pour son bon fonctionnent, impérativement veiller au remplacement de la case vide.

On estime entre 6 et 30 millions le nombre d’espèces vivantes sur notre planète alors que seulement 1,8 millions sont répertoriés. 70 à 95% des espèces nous sont ainsi inconnues.

On ne peut donc protéger les espèces si on ne protège pas efficacement leurs habitats. Partant de ce constat, la communauté internationale, sous l’impulsion et l’initiative de la France, devrait mettre en place une Organisation Mondiale de l’Environnement afin d’encourager les bonnes pratiques de préservation et de gestion du patrimoine naturel, et de permettre l’intégration des valeurs du développement durable au sein des pays émergents.

Pour Génération Ecologie, la sauvegarde de la biodiversité passe par des réintroductions concertées, mais aussi par d’autres voies. D’abord par une prise de conscience universelle sur la nécessité de protéger la biodiversité. Sans cela le citoyen en général et son représentant politique en particulier, ne verront pas la nécessité de faire des efforts et des sacrifices alors que les bénéfices de la biodiversité ne leur sautent pas aussi facilement aux yeux que les bénéfices financiers de la commercialisation des ressources vivantes.

Un changement de mentalité s’avère par ailleurs indispensable. Si l’on continue à raisonner sur un mode binaire: bénéfices de la biodiversité contre dépenses pour protéger le patrimoine et si l’on continue encore à raisonner sur un mode commercial ou gestionnaire, alors la biodiversité perdra la partie. Un exemple récent, celui du Clemenceau, a montré qu’on était prêt à sacrifier un récif artificiel capable d’améliorer la biodiversité pour gagner quelques euros en dépeçant la carcasse de ce navire.

Si la biodiversité est confiée à des comptables, il est sûr qu’elle y perdra. Si l’on remplace notre vision comptable étriquée et ponctuelle par une vision globale des problèmes et si l’on remplace le mot « bilan » par le mot « solidarité » entre les espèces, on aura fortement progressé dans la sauvegarde de la biodiversité.

La prise de conscience universelle se fera parallèlement au développement des recherches qui nous aiderons à comprendre la nécessité de sauvegarder la biodiversité et à l’éducation qui nous permettra d’acquérir un comportement citoyen et responsable face a ce problème. Tant que les problèmes d’environnement resteront, le jour des élections, loin derrière les problèmes d’emploi, de salaires ou de sécurité, la biodiversité sera en danger.

Tant que « l’homo commercialis » gouvernera le Monde, la biodiversité n’aura de salut que dans l’attribution d’une forte valeur marchande donnée au vivant. Considérant que la biodiversité est, au même titre que l’eau, l’air ou l’énergie, un bien commun à tous les hommes, celui qui voudra en faire commerce devra payer une taxe aux millions d’autres copropriétaires de ce bien. Cette taxe devra augmenter au fur et à mesure que les stocks de biodiversité diminueront. Puisque c’est le seul langage qui soit actuellement compréhensible par nos dirigeants, utilisons-le.

Cependant, rien ne se fera dans ce domaine sans une forte impulsion politique. Laisser les choses en l’état revient à laisser le « marché » faire son ménage dans la biodiversité. La privatisation du vivant est le plus sûr garant de sa disparition. Pour la biodiversité seul un acte politique fort en direction des « marchands de biodiversité » pourra inverser le processus. Cela suppose que les politiques aient des intérêts différents de ces derniers. Aujourd’hui, d’après les décisions prises par les gouvernements, il ne semble pas que ce soit le cas.

OGM et pesticides

-> Les OGM

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont des organismes vivants dont le matériel génétique a été manipulé afin de leur donner des « qualités » particulières (résistance à la sécheresse, à certains insectes, à certains herbicides, etc.). Aujourd’hui, la surface occupée par les cultures transgéniques dans le monde atteint 100 millions d’hectares.

Les risques suscités par ce genre de pratiques sont nombreux et aucune réponse concrète n’est aujourd’hui apportée par les autorités. Une des peurs majeures est celle de la dissémination du matériel génétique des OGM via la pollinisation. On ne peut accepter la contamination de toutes les cultures, et ce n’est pas en créant des soit disant barrières de quelques mètres entre les champs que le mécanisme pourra être contré. Sachant également que les risques pour la santé humaine sont peu connus, la question qui se pose est celle du principe de précaution. Inclus dans la Charte de l’environnement, ce dernier n’est toujours pas pris en compte par une grande partie de la classe politique.

Malgré ce constat alarmant, les OGM peuvent être bénéfiques, en particulier dans la lutte contre certaines maladies. Ainsi, leur développement strictement contrôlé et encadré en laboratoire est toujours envisageable et peut apporter beaucoup à la recherche médicale.

Quant aux cultures en plein champ, que l’on nous a longtemps caché, elles doivent être stoppées si l’on ne veut pas continuer sur la voie de la réduction de la biodiversité (des plantes sauvages apparentées pourraient elles aussi être contaminées). Il faut aussi que nos politiques arrêtent d’être à la botte des industriels et des semenciers, afin que ces derniers, minoritaires, n’imposent pas leurs lois au plus grand nombre.

La question des OGM touche chaque citoyen ; c’est pour cette raison qu’un référendum national doit être mis en place.

-> Les pesticides

Notre pays commercialise près de 80 000 tonnes de matières actives chaque année. Ce triste record lui permet de se hisser au sommet de la hiérarchie européenne des consommateurs de pesticides et sur la troisième marche du podium mondial. L’agriculture est responsable à 90 % de cette consommation excessive qui engendre non seulement de graves pollutions (eau, sol, air) mais aussi la contamination de nos aliments. En effet, plus de 50 % des fruits et légumes que nous consommons sont contaminés par des résidus de pesticides.

La politique actuelle, qui consiste plus à encourager qu’à dissuader les agriculteurs d’utiliser des produits phytosanitaires, nous conduit tout droit à une crise sanitaire majeure. De nombreuses études ont montré le rôle des ces produits sur nos organismes : malformations, stérilité, cancers, etc.

On ne peut incriminer directement les agriculteurs qui sont les premières victimes, par leur degré d’exposition, des substances nocives présentes dans les produits qu’ils utilisent. C’est donc la politique agricole qu’il faut revoir, en mettant en place des aides spécifiques pour permettre une évolution des pratiques vers une agriculture durable, à savoir le développement de la production intégrée et de la filière biologique.

La politique française en matière d’agriculture doit suivre le chemin du développement durable et ne pas rester dans son immobilisme.

L’eau

Comme chacun le sait, l’eau pourrait bien devenir l’or bleu du 21ème siècle. En effet, si rien de concret n’est entrepris rapidement, les situations de pénurie ne feront que s’aggraver. Les réserves d’eau potable ne cessent de diminuer car trop pillées pour l’irrigation agricole, les industries, etc et également trop polluées, toujours par les mêmes facteurs. De plus, l’eau potable est inéquitablement répartie sur la surface de la planète : 1,5 milliards de personnes n’y ont pas accès.

Il parait ainsi impensable que nous utilisions de l’eau potable pour tirer la chasse d’eau de nos toilettes tandis que 25 000 personnes meurent chaque jour de maladies liées à une eau insalubre. Deux solutions peuvent donc être envisagées : développer et promouvoir les « toilettes sèches » qui, malgré toutes les idées reçues, n’émettent pas d’odeurs désagréables, et autoriser l’utilisation d’un réseau de récupération de l’eau de douche, de l’eau de vaisselle et de l’eau pluviale pour nos sacro-saintes toilettes. C’est par ce genre de changements de comportement, qui peuvent paraîtrent désuets, que nous arriverons à limiter notre consommation d’eau potable qui atteint largement 10 fois celle d’un Africain.

Chacun sait que l’eau est une ressource indispensable à la vie, mais notre situation privilégiée ne nous permet pas forcément de nous rendre compte de la réalité mondiale. Même dans les contrées tempérées au l’eau est encore abondante, la pollution industrielle ou domestique rend une bonne partie de cette ressource impropre à la consommation.

Son prix augmente inexorablement au fur et à mesure que la dépollution devient de plus en plus difficile à mettre en œuvre et il n’est pas si loin de nous le temps où, comme l’avait prédit l’écologiste René DUMONT, un verre d’eau coûtera très cher.

Le réchauffement climatique annoncé va encore augmenter la proportion des déserts et donc l’étendue des terres arides. Les cultures végétales et les écosystèmes seront profondément modifiés dans les dix ans à venir.

Avant les conflits armés pour la possession des derniers gisements de pétrole, ce sont les guerres pour la possession des gisements d’eau qu’il faudra craindre.


 

Discours de France Gamerre
Femmes débat et société
Paris Université d'Eté
Les 3 et 4 juillet 2006

Les femmes changeront-elles la politique ?

La nature de la politique

La politique étant l’art de gouverner les hommes (c’est-à-dire de les manipuler) c'était jusqu'à nos jours une occupation essentiellement réservée aux hommes, les femmes préférant gouverner plutôt les personnes que de groupes.

Les hommes et la politique

Pour gouverner, il faut non seulement apparaître comme un meneur d’hommes dans les périodes de guerre, mais aussi être un chef de clan dans le civil "et en période de paix". Or les chefs de meute sont souvent des hommes, car c’est un jeu et une ambition de dominer le clan. Le mâle dominant bénéficie d’avantages matériels et notamment des femmes, d'où l’intérêt de dominer les autres par des actes guerriers ou politiques. Cette situation a amené les hommes à monopoliser la vie politique. Cette monopolisation a été consacrée en France par la loi salique qui excluait les femmes du poste suprême de souverain.

Les femmes et le politique

Les femmes, la plupart du temps, objet de luttes entre les hommes, n’avaient pas cette ambition de domination de la vie du groupe. A de rares exceptions prés, elles se contentaient d’être l’enjeu des luttes plutôt que de participer elles-mêmes à ces luttes. Historiquement elles ont rarement pris les armes sauf pour défendre une cause nationale ou défendre leur clan ou leurs familles (Ste Geneviève à Paris, Jeanne Hachette en Bourgogne, Jeanne d’Arc, etc…).

Elles interviennent notamment dans les périodes de crises. Les femmes, durant la deuxième guerre mondiale, ont été de "grandes résistantes", des combattantes, mais aussitôt la guerre terminée, les hommes ont imposé à nouveau leur ordre politique et social. Certes, en 1944 les femmes ont enfin acquis le droit de vote et c'est primordial, mais un droit de vote acquis avec un retard considérable par rapport aux autres nations. Une anecdote historique : Léon BLUM a refusé le droit de vote aux femmes et par contre, a nomme trois femmes Sous-Secrétaires d'Etat, décision qui concernait des personnes mais dont leur groupe social ne bénéficiait pas.

Les choses n'ont pas beaucoup changé, les nominations dans les exécutifs quels qu'ils soient, sont toujours "le fait du prince". C'est peut-être l'illustration de l'incapacité des hommes à résoudre les crises et ainsi ils reconduisent le même ordre politique et social qui est pensé et qui a été pense sans les femmes.

Ce qui a changé

Ce qui a changé, c’est la nature du monde et ses enjeux. Les femmes sont les gardiennes de la survie de l’espèce, alors que les hommes passent leur temps à s’entretuer.

Aujourd'hui, la survie de l’espèce humaine passe par la survie de la planète et donc dans ce combat qui rejoint celui de l’écologie, et du développement durable, les femmes sont en première ligne car elles sont source de vie.

Aujourd'hui, cette notion de survie de la planète est encore sous jacente, à peine visible donc les hommes peuvent continuer à jouer de leurs joutes politiciennes pour un pouvoir officiel, signe de decorom sinon de puissance. Mais dès que cette menace deviendra plus pressente et elle l'est, les femmes seront bien obligées de monter en première ligne.

La place pour les femmes en politique actuellement

Aujourd'hui la place des femmes en politique est très circonstancielle :

Je vous rappellerai simplement qu'il y a 25 % de femmes Conseillères Régionales, 10,9 % sénatrices, 12,3 % à l'Assemblée Nationale. Nous sommes dans ces assemblées dans la position d'avant-dernière en Europe juste avant la Grèce. Concernant les Députés Européens et

47,5 % de Conseillères Municipales, c'est mieux.

Pour expliquer ce petit nombre de femmes en politique institutionnelle notamment au niveau du Parlement, on évoque généralement les obstacles que les femmes rencontrent et qui seraient incompatibles avec l'action politique. Je parle de la notion "de manque," par exemple : le manque de temps lié aux obligations familiales alors que l'on fait de moins en moins d'enfants, le manque d'intérêt, alors qu'en dehors de la politique institutionnelle les femmes sont massivement présentes et actives dans les partis politiques, sans parler du monde associatif, le manque de compétence, le manque de place, etc, etc….. En fait ce sont ces vieux stéréotypes sociaux-historiques qui s'appliquent et, les règles pour l'accès au pouvoir politique sont très contraignantes dans cet univers partisan. Ces règles son souvent informelles, invisibles. On parle de la nécessité de "percer le plafond de verre"pour les femmes.

Quelques questions :

- Dans un parti, comment des femmes néophytes peuvent-elles concurrencer des hommes cumulant plusieurs mandats et depuis longtemps ?

- Faut-il se trouver un parrain ou une marraine "politique" ? Comment?

- Comment apprendre à résister aux violences politiques qui sont très souvent des atteintes à la dignité morale humaine quand ce n'est pas physique (verbal, injures etc…).

QUE FAIRE ?

C'est repenser la représentation dans nos sociétés démocratiques. Il est clair que nous sommes dans un système de gouvernance en crise, et nous devons inscrire le débat sur la parité dans une réflexion et une action plus globale, notamment sur le rétablissement du lien politique entre le citoyen et ses représentants. Il faut casser le monopole de l'énarque(ou pas d'ailleurs) de 50 ans et ouvrir la politique à la société civile, aux femmes et ainsi aux préoccupations réelles de nos concitoyens.

Bien sûr, la loi sur la parité a amené quelques évolutions souvent locales. C'est une première marche franchie mais à la question pour ou contre : je réponds que cette loi n'est qu'un outil qui doit permettre aux femmes d'accéder aux exécutifs. En un mot, faisons avancer l'histoire par des mesures législatives:

limite des dépenses électorales et remboursement des coûts des élections, soutien aux élus (familles, crèches), présenter une femme quant un homme ne veut plus se représenter, interdire le cumul de plus de deux mandats, revoir la durée des mandats et le nombre de réelections dans un meme mandat,revoir le statut de l'élu, rétablir la parité à tous les niveaux dans les exécutifs et pas seulement au niveau des élus mais aussi dans le monde économique.

Au niveau de l'action: éducation civique dans les écoles, dans les partis, formation des aspirantes candidates, rôle des associations et des fondations, ouverture des profils politiques etc…

A la question : Quel avenir pour les femmes en politique en France ?

Je réponds qu'elles prendront progressivement de plus en plus de place, et la génération actuelle des femmes alibis cédera, est entrain de céder la place à des femmes convaincues, se sentant investies d’une mission fondamentale, celle d’éviter que la société humaine soit rayée de la planète.

Conclusion

Les changements sont longs à venir car les hommes ne partageront leurs jeux de pouvoir ou la place de mâle dominant que contraints et forcés par les événements et l’évolution des mentalités.

Les femmes peuvent être novatrices, porteuses d'une autre vision du pouvoir, débarrassée des idées du schéma classique dominant dominé.

La femme politique par sa capacité à insuffler cet humanisme, qui fait défaut chez la plupart de nos politiques actuels, à un rôle majeur à jouer dans la mise en œuvre d'une nouvelle vision politique, d'une nouvelle gouvernance.

Cette place, cette parité sera reconnue aux femmes lorsque les jeux des hommes seront en complet décalage avec les réalités environnementales, car l’environnement, lui, se moque totalement de savoir qui domine les humains, ce qui l’intéresse c’est de savoir avec qui il peut dialoguer pour trouver, retrouver, un équilibre entre ses besoins, ses ressources et ceux des hommes.

En tant que Présidente de Génération Ecologie, je voudrais vous citer le principe 20, issu du sommet de la terre en 1992 à Rio, qui précise : "les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l'environnement et le développement" et que "leur pleine participation est essentielle à la réalisation d'un développement durable".


La biodiversité de plus en plus menacée

La perte de biodiversité ne cesse de s’aggraver. L’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) a publié cette semaine sa liste rouge des espèces menacées d’extinction. Ce sont ainsi plus de 16 000 espèces (sur 40 000 étudiées) qui sont menacées, dont les plus connues sont l’ours polaire, victime du réchauffement climatique, et l’hippopotame, cible de la barbarie humaine. En effet, 95 % des hippopotames de la République Démocratique du Congo ont été décimés en 12 ans, pour leur viande et leur ivoire.

L’UICN constate par ailleurs que 784 espèces sont officiellement éteintes, et que 65 n’existent plus à l’état sauvage. Cette liste rouge est composée de un huitième d’oiseaux, un quart de conifères, un quart de mammifères et un tiers d’amphibiens (qui représentent de très bons bioindicateurs).

Ces nouvelles données ont de quoi nous faire réfléchir sur le rôle que nous jouons dans cette extinction massive. C’est à nous tous, citoyens et politiques, de prendre les bonnes décisions.

Il incombe ainsi à chacun de préserver les écosystèmes, de ne pas favoriser les trafics internationaux par nos achats (ivoire, bois, ailerons de requins, etc.). Il est également impératif de ne pas introduire d’espèces invasives ou de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires. Les conséquences de tels actes, qui débutent dans nos jardins, sont parfois catastrophiques pour les milieux naturels !

En tant que politique, je me dois de proposer des mesures concrètes. L’inconvénient majeur réside dans le fait que les problématiques environnementales ne sont pas assez prises en compte par nos gouvernements successifs.

Il serait pourtant relativement simple de développer à grande échelle le système des corridors biologiques, afin de créer de réelles interactions entre les écosystèmes. De même, il serait aisé d’informer le public afin de lutter contre les espèces invasives. Beaucoup d’autres points peuvent être approfondis ; tout dépend de la volonté politique. Le débat pour 2007 doit certes évoquer les problèmes sociaux et économiques, mais nous devons y inclure la préservation de l’environnement. C’est pour cette raison que je souhaite mettre en place une politique de développement durable concrète et réaliste. Préserver la biodiversité, c’est aussi préserver nos ressources et notre avenir.

France GAMERRE


 

 

Les français inquiets pour l'avenir de leur planète

Un sondage TNS-Sofres* paru le 6 avril dernier donne 8 français sur 10 se déclarant inquiets pour l'avenir de la planète (23 % se déclarant même " très inquiets ").

Pourtant, dans les actes quotidiens, seul un français sur deux passe aux actes.

Il ressort également de ce sondage que les risques environnementaux durables sont appréciés différemment selon les français.

Le réchauffement de la planète et les changements climatique préoccupent 42 % des personnes interrogées. Viennent ensuite la pollution de l'eau (38 %), la pollution de l'air (32 %), la disparition des forêts (25 %) et la disparition des espèces (19 %). Les français s'alarment aussi des crises ponctuelles telles que l'apparition de nouvelles maladies graves (23 %) ou les catastrophes naturelles (15 %). Dans les gestes quotidiens, 68 % des français déclarent trier et recycler leurs déchets, 52 % ne pas gaspiller l'eau, 51 % ramener les piles usagées aux bornes des commerces concernés, 47 % économiser l'électricité, 45 % ramasser un plastique ou un carton qui traîne ou encore 44 % ne pas utiliser de sacs plastiques pour leurs courses.

Si les femmes de plus de 50 ans peu diplômés se disent investie par les gestes quotidiens en faveur de l'environnement, les personnes les moins impliquées sont les 15-24 ans ainsi que les étudiants et les habitants de la région parisienne. AD * Enquête réalisée par téléphone auprès de 3 942 personnes, entre le 2 janvier et le 26 février 2006.

Voir également le billet d'humeur de France Gamerre sur ce sujet, sur le blog : http://lesamisdefrance.over-blog.fr


06 avril 2006

Amende record pour un dégazage en mer, oui, mais encore…

Le tribunal correctionnel de Brest (Finistère) a condamné mercredi 5 avril le commandant d'un porte-conteneurs pris en flagrant délit de pollution en mer à une amende record de 800.000 euro s, dont 90% à la charge de l'armateur.

Le "Maersk Barcelona", bâtiment de 239 mètres battant pavillon Bahamas, avait été repéré le 20 septembre dernier à environ 160 kilomètres à l'ouest de l'île de Sein (Finistère) par un avion des douanes françaises, avec dans son sillage une pollution par hydrocarbures longue de 61 kilomètres sur 100 mètres de large.Selon la préfecture maritime de l'Atlantique (Brest), il s'agissait de la plus importante pollution en mer jamais constatée sur sa zone d'intervention, en l'occurrence du Mont-Saint-Michel à la côte espagnole. (AFP)

Si l’importance de pénalités sévères pour les pollueurs des mers n’est pas à remettre en cause, je m’interroge cependant sur l’aboutissement réel de telles sanctions. Les différentes condamnations enregistrées ces dernières années ont-elles toutes été versées, ou ces procédures ne font-elles encore qu’office de « vernis » visant à montrer le bon exemple, voire à augmenter la crainte des « dégazeurs » à l’approche de nos côtes, que les navires sauront désormais surveillées ?

Un texte des Nations Unies émanant de la convention de Montego Bay, donne juridiquement priorité à l’état du pavillon au détriment de l’état côtier. Il serait alors vraiment temps que les justices des différents pays, notamment au niveau européen, appliquent les mêmes peines, et prennent exemple sur la France, pour que ces sanctions soient vraiment dissuasives.

Cette information soulève aussi la question de la redistribution de l’argent récolté. Pour le cas du Maersk Barcelona le tribunal a accordé des dédommagements et indemnités à une douzaine d’associations écologistes qui s’étaient, à l’époque du fait, portées partie civile. Nous arrivons donc approximativement à 60 000 euros devant être redistribués aux associations. A quoi le reste de la pénalité (soit plus de 700 000 euros) sera-t-il alors utilisé ? Et qu’en est-il du soutien légitime à des structures tels que le FIPOL (Fond internationale d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures) ? Cet argent sera-t-il par exemple réinvesti dans des dispositifs anti-marées noires ?

J’espère que le principe du pollueur-payeur, grâce à une cohésion entre les états, gagnera en crédibilité, et que l’argent versé par les différents pollueurs servira effectivement à un mieux être pour notre environnement, pour des réparations certes, mais aussi pour de la prévention à hauteur des dommages supportés chroniquement par nos côtes.

France GAMERRE

 



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